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  • dperroud

Le prologue du tome 2

Voici en primeur le prologue du tome 2. Il m'a été inspiré par la récente visite du Président Trump au forum Économique de Davos ainsi que son actualité avec les femmes. Il s'agit d'une ébauche qui peut encore contenir fautes et imprécisions, et, bien sûr, toutes les situations et conversations sont inventées.

Prologue


À Davos


Un ballet de sept hélicoptères de l’air force américaine approche la petite station de ski suisse de Davos. Volant en formation dans un ciel orangé, il ne manque que la Walkirie de Wagner dans les haut-parleurs du World Economic Forum pour en faire un parfait remake du légendaire Apocalypse Now. Quinze limousines blindées aux couleurs et à l’aspect d’autant de corbillards attendent en ligne sur le tarmac enneigé de l’aérodrome. L’effervescence est totale. Le président des États-Unis vient faire une visite de vingt-quatre heures dans ce haut lieu de l’économie mondiale. Six cents agents des services secrets rivent leurs yeux sur sa personne, prêts à intervenir à la moindre menace.


Davos vit une de ces journées fast dont il est devenu coutumier.


Alors que le président serre quelques mains et échange des modalités, un groupe d’activistes altermondialistes peaufinent leur plan. Ils sont une vingtaine, mais seul huit d’entre eux ont accès au forum, un nombre dérisoire face à l’armée de protection du président. Pourtant ils espèrent bien l’atteindre. Leur meilleur atout est une jeune et brillante scientifique. Pressentie comme un futur prix Nobel, elle est de ces personnes vers qui toutes les têtes se tournent. Son regard vert émeraude, à la fois doux et perçant, illumine un visage aux proportions angéliques. Ceux qui arrive à s’en détacher, ce qui n’est guère aisé tant il est captivant, découvrent un corps élancé et svelte se déplaçant avec l’agilité d’un félin.

Les activistes connaissent le talon d’Achille de tout ce dispositif sécuritaire. Le président est un homme à femmes, pour ne pas dire un prédateur sexuel. Libidineux et en recherche constante d’aventures, on lui connait de nombreuses conquêtes.

Le plan du groupe est simple. Le président va prononcer un discours puis retournera vers son armada aérienne. Il traversera le hall principal du forum à l’intérieur d’un cordon de sécurité. Selon les télévisions il veut des images d’interactions avec le public pour renforcer son image d’homme proche du peuple. Les huit militants se positionneront le long du cordon ; habillés en gris noir ils placeront la jeune femme devant eux, espérant que sa beauté et sa tenue haute en couleur attireront l’œil présidentiel.

Après un discours simpliste où, comme prévu, le locataire de la maison blanche promut une version extrême du capitalisme tout en justifiant avec peu de convictions les positions protectionnistes de son pays et sous des applaudissements plus polis qu’enthousiastes, il se dirige à travers la foule des privilégiés économiques. Il signe, machinalement, quelques orthographes, plus pour les caméras que par une quelconque sympathie pour ceux qui les sollicitent.

Jusqu’à ce qu’il aperçoive la jeune fille.

– Monsieur le Président, Monsieur le président un autographe s’il vous plait !

Son sang ne fait qu’un tour :

– Bien sûr ma jolie. Qu’elle est ton prénom ?

– Ariel, Monsieur le président.

Il prend la feuille qu’elle lui tend et y écrit « pour la très belle Ariel de la part du président des États-Unis d’Amérique » puis y appose sa signature avec application. Rien de comparable avec les graffitis qu’il a gribouillés jusque-là. Comprenant l’intérêt du président pour la jeune femme, ses gardes du corps forment un cercle protecteur plus large, tenant bien à l’égard les caméras de télévisions et micros de journalistes.

– Voilà Ariel lui dit-il en lui tendant la feuille. Au moment où elle se penche pour la saisir il la retient fermement et lui glisse à voix basse :

– Ça te dirait un voyage gratuit à bord d’Air Force One ?

– Quelle délicate attention Monsieur le Président, mais au préalable j’aimerais vous poser deux ou trois questions, répond-elle à voix haute ?

Sentant le piège, il esquisse un pas de recul, mais c’est déjà trop tard. Cameramen et journalistes, à l’affut d’un événement imprévu, ont senti le scoop. Après tout, se dit-il, une discussion avec une jolie fille ne pourra le faire paraître qu’à son avantage. Il prend un ton beaucoup moins familier :

– Je vous en prie, chère Madame, posez-moi vos questions, je suis venu pour cela.

– Monsieur le Président, trouvez-vous normal de dépenser huit mille tonnes de CO2 pour venir faire un discours de trente minutes qui, sauf votre respect, ne nous a rien appris de nouveau ?

– Madame, il est normal que le Président de la plus belle et la plus puissante nation du monde se déplacent de la sorte ? Il y a des impondérables de sécurité.

– Tout de même Monsieur, deux Boeing 747, deux avions-cargos et quatre Boeing 767 pour faire venir des USA vos sept hélicoptères et vos limousines, n’est-ce pas hors de proportion pour parader devant les caméras et vous montrer au World Economic Forum ? Qu’avez-vous accompli de concret pour votre nation ou pour le bien de l’humanité qui puisse justifier une telle offense écologique ?

– Madame, vous êtes bien impertinente, ma venue ici va générer des milliards de revenus pour mon pays.

– Et vous me semblez bien présomptueux, en quoi les quelques platitudes que vous avez prononcées et les mains que vous avez serrées vont…

Ariel n’a pas le temps de finir sa phrase que sur un signe discret du président deux de ses gardes du corps l’emmène sans ménagement.

– Je suis navré, Madame, conclut le président en feignant d’être attristé, mais ils deviennent très vite nerveux quand on me manque de respect. Puis il ajoute à voix basse à son garde le plus proche : trouvez-moi une autre fille, moins farouche que cette connasse militante, pour le voyage du retour.

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